Mercredi 28 janvier
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07:30
Il
n’est pas loin de 13 heures quand nous nous décidons de nous arrêter à un restaurant. Le seul restaurant ouvert dans ce petit village est un restaurant de type gastronomique, dans la cour ne sont
stationnés que des véhicules haut de gamme. Nous hésitons un instant, mais le rapport qualité prix semble être imbattable et à priori nous n’avons pas le choix. Nous aidons à nouveau nos compagnes
à sortir de voiture après que Marc se soit renseigné qu’il y ait une table disponible sans avoir fait de réservation. Je dépose délicatement le plâtre d’Aurélie sur la banquette, elle tourne sur
elle-même et s’assoit dans le bon sens, elle ne ressent aucune douleur tant qu’elle prend énormément de précautions, elle qui d’habitude est très dynamique semble être très diminué de la sorte.
Elle essaye de saisir sa petite chaussure, mais semble avoir très peur d’une nouvelle douleur. C’est à ce moment que Marc revient et se saisit de sa chaussure et prend son joli pied pour le
chausser. J’en profite pendant qu’il lui attache ses petites sangles pour aller aider ma femme, elle a toujours son plâtre sur le tableau de bord et ses orteils sont toujours collés au pare brise,
elle a du mal à l’enlever, je me saisis de son talon avec ma main gauche et de ses orteils de ma main droite et je le lui descends au sol. Son mignon petit pied m’a manqué, elle aussi d’ailleurs,
je l’embrasse d’un petit baiser qu’elle me rend, prouvant que je lui ai manqué aussi. Je la relève et elle sautille sur sa jambe valide pour s’éloigner un peu de la voiture, son plâtre toujours
pendant. Je la vois un peu remuer ses orteils, comme ils sont restés immobiles pendant tout le trajet. Je vois le deuxième orteil monter sur le gros orteil, pour finalement transmettre un mouvement
de vague à ses voisins. Je lui passe ses cannes sur lesquelles elle prend appui et béquille en faisant le tour de la voiture. Vu l’heure tardive à laquelle nous sommes arrivés nous n’avons pas pu
nous garer prés de l’entrée. Aurélie prend mille précautions pour ne pas subir de nouvelles vagues de douleurs, elle avance très lentement en faisant bien attention de garder sa cheville devant
elle quand elle béquille. Nous sommes vraiment désolé de ne pas pouvoir l’aider plus, elle doit marcher lentement, le moindre saut semble lui être fatal. Quand elle fait une pause pour reprendre
son souffle, elle appuie ses aisselles, ce qui l’oblige toujours à être courbée. Ses aisselles lui font mal comme la partie des béquilles qui les épouse est entièrement en bois !!! Ma femme
fait aussi des pauses, c’est une longue distance pour quelqu’un qui marche avec des béquilles. Elle aimerait pouvoir poser son plâtre au sol à chacune de ses pauses, mais on le lui a strictement
interdit et vu l’expérience malheureuse d’Aurélie, elle s’efforce d’obéir aux consignes. Elle commence à avoir mal à ses paumes de mains, des ampoules semblent apparaître avec l’échauffement
produit par cette utilisation. Elle les retire de temps en temps pour vérifier qu’elle n’a pas de cloques qui se forment. Je la rassure en disant qu’elle est presque arrivée. A la porte du
restaurant le maître d’hôtel nous observe et nous attend. Quand on approche il se renseigne : « Elles ont eu un accident ? les pauvres. » Aurélie, à notre grande surprise, lui annonce que c’est un saut en parachute dont l’atterrissage s’est mal passé. Fracture multiples de la cheville pour toutes
les deux qui ont sauté en tandem. Le maître d’hôtel semble être désolé pour elles et nous invite à le suivre. Nous entrons dans une salle pratiquement pleine. On a l’impression que tous les
notables des alentours se sont donnés rendez vous. Ils sont tous habillés très classe, surtout les femmes, la plus part ont la cinquantaine, mais semblent être sortis d’un défilé de haute couture.
Nous faisons un peu tâche dans ce décor avec nos jeans et habits de week-end. Ma femme regarde ses orteils découverts et ressent ce besoin irrésistible de les cacher, comme elle l’avait ressentie
après son plâtrage. Elle essaye de cacher au mieux son bout de pied découvert. Je me pose à coté d’elle pour l’aider au mieux, comprenant sa position. Aurélie quant à elle garde ses yeux rivés sur
son plâtre et reste concentrée pour éviter tout choc ou mouvement brusque. Notre cortège formé par nos deux éclopées ne passe pas inaperçu, un silence semble s’installer à cause de la curiosité de
chacun. Certains se font des commentaires entre eux, d’autres reprennent leur conversation. On verra même une personne appeler le maître d’hôtel et lui demander ce qui leur était arrivé. Nous
arrivons tant bien que mal à notre table, les filles malgré leur douleur ont su rester très classe dans leur béquillage. Nous les installons au mieux. L’espace entre les tables étant minime, ma
femme n’a pas de place pour poser sa jambe sur une chaise, elle est obligée de la poser à terre, sur la moquette épaisse du restaurant qu’elle ressent lorsque ses orteils l’effleurent. Quand à
Aurélie, devant garder son pied à la verticale et ne devant absolument pas le poser au sol, elle est bien embêtée. Marc a une idée lumineuse en lui proposant son genou, sur lequel elle pourra poser
le sien et ainsi laisser pendre sa jambe. La solution semble être la meilleure mais très douloureuse lorsqu’elle positionne son genou. La traction importante sur son mollet provoque une douleur
jusqu’à la inconnue. Mais ça reste supportable, après un petit moment de souffrance elle s’ajuste au mieux sur sa chaise, bien qu’elle ne soit obligée de s’asseoir de travers. Marc prend soin de
garder son autre jambe assez loin pour qu’il ne heurte par mégarde ses orteils bandés. Nous déposons les béquilles de ces dames adossées au mur derrière notre table.
Par castlover
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Publié dans : Les plâtres du mariage
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